La
maladie n'en fut qu'accentuée. Ce départ
précipité a joué sur mon mental. Certes je
suis plus mûre, mais je suis également plus fou -et je
n'ai pas peur de le dire...
Je sais
qui je suis, ce que je représente, l'animal qui m'habite...
je me connais et je suis concient de ce dont je suis
capable.
Ce
matin-là, il était dix heures passées (encore
ce nombre), et je comprenais que c'était le moment ou
jamais de me venger de toutes ces années de silence et de
souffrance. Ma décision était prise et je ne voulais
plus reculer. Belle erreur ou super idée démoniaque,
va savoir ce qu'il m'était passé par la tête
pour songer à une chose pareil.
La mort,
la solution ?

Je ne
saurais répondre, mais comment savoir si mourir règle
les problèmes. Le fait de tuer peut effectivement arranger
certaines choses, mais être tuer peut-il
également soulager ?
Ce que je peux pourtant
affirmer -haut et fort- c'est que ce jour-là, j'avais 18
ans. Un bref détail pour vos yeux, peut-être,
mais croyez-le ou pas, cela a joué. Tout le monde ignorait
cela, sauf moi. Ce fut, comme qui dirait, "la goutte d'eau qui fait
déborder le vase", un vase qui était
déjà bien trop rempli par les maux du
passé.
Harrie, mon âme-soeur, mon
coeur, avait disparu sans laissé de trace. Et que fait-on
lorsqu'il nous manque coeur et âme ? Je vais vous le dire, ce
que l'on fait : rien ! On n'agit pas, on subit. Car
l'esprit tout seul ne carbure plus. L'alimentation est
coupée.
Ma mère prenait sa douche,
sans se douter de ce qui allait arriver. Avec elle, s'était
simple : soit belle et tais-toi.

Je me
suis allongé sur le ventre (je me souviens encore du parquet
dur qui compressait mon estomac) pour prendre l'arme que je cachais
sous mon lit depuis une semaine maintenant.
J'ai eu
de la chance que personne ne vienne fouiner là-dessous et
tombe dessus. J'aurais eu ma punition avant même d'avoir
fait le mal.
Au bout
d'un moment à tatonner dans la poussière, j'ai senti
sous mes doigts un objet froid... je l'ai reconnu tout de suite. Le
pauvre type qui m'avait prété ce truc ne l'aura
finalement jamais revu...
Pas de chance... Chacun ses
problèmes, vieux !