-Salut ma biche !, s'exclama Boris depuis sa propre chaise. Encore en retard ?
-Bonjour Monsieur.
-Qu'est-ce qui te prend de m'appeler comme ça ?
-Je prends mes distances, dit-elle simplement.
-Déconne pas, qu'est-ce que t'as fait cette fois-ci ?
-Ah mais rien du tout !
-Bon, installe-toi et reprenons cette réunion.

-Au programme : la mariée fantôme. On a pas mal de choses, mais ça ne nous mène à rien.
-Je te le fais pas dire, souligna Kiyoshi.
-Pour la tombe, fit Ulrike, j'ai fait des recherches et ce modèle n'existe plus depuis la fin des années 80. Il semblerait que quelqu'un l'ai donné à la défunte. Ou bien qu'on lui ai mise de côté dés sa naissance.
-Bien, ça devient de plus en plus bizarre, tout ça.

-J'ai reçu un appel, tout à l'heure, dit Kiyoshi.
-Oui eh bien, pressa Boris. J'ai louppé quelque chose d'intéressant ?
-Disons juste qu'une dame téléphone, en larme, et gueule dans le combiné qu'elle vient de retrouver son chien...
-Qu'est-ce tu veux que ça me foute !
-...mort.

-Ah, murmura-t-il. Tu étais, là Ulrike ?
-Non, Monsieur.
-Bon, qu'est-ce qu'elle a dit, alors ?, demanda Boris en revenant à Kiyoshi.
-Le chien est plus que mort, poursuivit-elle. Eventré, dépecé, vidé... tout ce que tu veux, quoi.
-Bordel mais c'est dégueu !
-La femme gueulait tellement dans les trous du téléphone que j'ai dû m'éloigner du combiné ! J'suis déjà pas mal nulle en anglais... Là je pigeais presque plus rien !

-Et quel rapport avec la mariée ?, demanda Swan.
-Oui, j'vois pas trop non plus, pour l'instant, approuva Ulrike.
-Des témoins, répondit la jeune japonnaise. J'ai recuilli le témoignage d'un ado qui sortait justement en douce au moment des faits.
-Premier suspect !, s'exclama Boris. Tu l'as pas laissé filer ?!
-Premièrement, je l'ai eu au téléphone, lui aussi. Comment tu veux que je le laisse pas filer ? "Attendez, bougez pas, j'arrive avec des flics et on va vous embarquer ! Vous moovez pas, hein, je vous fait confiance ?", simula-t-elle. Nan mais n'importe quoi, toi !
-Je pouvez pas savoir.
-Deuxièmement, le type était carrément bouleversé. Il s'est évanouie, le pauvre, en voyant le cadavre déchiqueté du toutou. Y a des raisons, une vraie boucherie ! J'ai reçu des photos du flic qui était sur place.
-Et alors, quel rapport avec la mariée, merde !
-Attend, j'y viens ! Le pauvre p'tit jeune allait rejoindre des potes, et au coin de la rue, il a vu une ombre blanche, très longue, qui court très vite. Il assure ne pas avoir bu ou fumé. Deux secondes après, il essaie de la suivre, tout en gardant ses distances, mais il tombe nez à nez avec le chien ouvert sur un paillasson. Et c'est pas tout. Le sang sur la tombe, c'est celui de l'animal. Va savoir pourquoi ce clebs.

-Pour l'instant c'est un chien. J'espère qu'elle ne va pas monter en folie et s'en prendre à des humains.


Mamzelle
sam 06 déc 2008 12:46