Lorsque je suis rentré, j'ai trouvé ma soeur assise par terre. Les bras autour des genoux, elle avait la posture de la Tristesse même, je dirais presque qu'elle était dans le cliché.
J'ai déposé les clés à un endroit que j'aurait oublié demain (et qui me fera drôlement chier) pour m'intéresser à cette pauvre loque qui traînait sur le planché. Cette dernière renifla et s'essuya le visage d'un revers de main.
-J'peux savoir ce que tu fous sur le sol ?
-D'habitude, tu rentres bourré, mais tu rentres, dit-elle.

-Tu me reproches quoi, exactement ?
-Tu m'as laissé seule toute la soirée. Et ce matin, t'étais pas là non plus, Yaniis. Je veux bien te croire quand tu dis qu'on est en danger dehors, mais là, tu ne respectes même pas tes propres mots. Comment tu veux que je t'obéisse, après ce coup-là ?
-Il n'y a pas de comment tu vas m'obéir, Tyana, tu dois le faire. C'est tout.
-Où t'étais ?
-Ca te regarde pas, j'te f'rais remarquer !