Elle se redressa et me toisa du regard depuis ses 1m60. Son visage d'habitude si doux trahissait une profonde tristesse : elle paraissait sereine, mais la torsion qu'elle infligeait à ses lèvres faisait jaillir tous ses sentiments enfouis.
-Ca me regarde parce que je n'ai pas dormi de la nuit, me posant des tonnes et des tonnes de questions sur le lieu où tu pouvais te trouver. J'ai essayé de me rassurer, mais c'était comme si ma propre vie en dépendait, ce qui était peut-être le cas, dailleurs. Jamais tu ne m'avais fait ce coup, et je dois avouer que j'espère qu'il ne se reproduira pas.
-Ce n'est pas à toi d'en décider, alors boucle-la un peu !
-Tu me laisses tomber et tu m'engueules ? Tu trouves pas que c'est bizarrement assemblé ?
-Je trouve surtout que tu parles trop, p'tite conne ! J'ai passé une soirée bizarre hier, et t'as pas le droit d'empirer mon humeur !
-C'est sûr que c'est désagréable de sauter la première venue !
-CE N'EST PAS LA PREMIERE VENUE !!

Le coup partit. Oui, j'ai frappé ma soeur. Oui, elle a eu mal. Oui, elle a saigné. Oui, j'ai pété les plomb. J'avoue. Mais je ne regrette pas. Cette casse-couille a parlé d'Harrie comme s'il s'agissait d'une prostituée. Je ne vois pas pourquoi elle n'aurait pas eu de petite correction.

-Tu parles pas d'elle comme ça, tu m'entends ? Tu l'as respectes, elle, et le petit !! Allez, casse-toi, hors de ma vue !!
Le visage en sang, elle partit dans la salle de bain.