Accueil Date de création : 23/03/08 Dernière mise à jour : 28/09/08 09:50 / 34 articles publiés
 
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+004+  posté le dimanche 23 mars 2008 15:33

Mon beau-père, mon bourreau, ma  merde, le metteur en scène de mon malheur, ce que vous voulez de négatif ferait l'affaire pour d'écrire cet homme : Grégan. Tout à fait, celui-ci, qui écrit tranquillement un mail alors que moi, je me prépare, non sans un certain trac.

Je le regardai une dernière fois depuis ma position, puis retournai dans ma chambre. Il fallait agir ! Et Dieu sait comme je l'ai bien fait !

S'il avait su !

Il allait regretter ce qu'il m'avait fait, regretter ses colères, ses mots tranchants, ses coups portants, regretter d'être né... tout simplement.

S'il avait su !

J'ai hissé l'engin (qui mettrait fin à tous mes problèmes) sur mon épaule.

Putain, ça pèse lourd, la vengeance

...

J'ai ricané un moment avant de reprendre mon sérieux. Mon coeur était empli de joie, bien que je ne desserais pas la machoire ; bien que mon estomac se nouait ; bien que mon corps entier tremblait sous l'effet du stress ; bien que mes vêtements étaient trempés de sueur froide. Malgré tout ça, mon coeur continuait de palpiter, sous l'effet de fantasmes que je dois avouer un peu trop macabres.

Je me rappelle distinctement de chaque sensation, 

de chaque geste que j'ai fait à cet instant fatidique. 

Chaque vibration habite encore mes rêves. Des rêves sombres que d'autres nommeraient "cauchemars" mais qui sont pour moi de doux souvenirs.

Je crevais de chaud... tous mes habits collaient. Et si ça ne fonctionnait pas ? Je n'avais jamais utilisé d'armes, après tout.

Un rayon brûlant perça le carreau de la fenêtre et me cogna dans l'oeil. Quel beau temps. Dans n'importe quel film, vous auriez plutôt trouver un orage violent et une pluie torrentielle, mais chez moi, dans mon monde, ce moment sinistre avait lieu en une superbe journée ensoleillée.

Gregan ne m'avait toujours pas remarqué, et heureusement, il n'aurait pas fallu qu'il se défende. Je sais que tirer dans le dos, c'est pas mal lâche comme attitude, mais cogner l'enfant que je suis l'est encore plus.

Ressasser ces images de bagarres entre lui et moi m'encouragea à pointer mon arme sur lui. Cette fois-ci, plus une seule hésitation ! Cette véritable mitraillette pesait une tonne  et mes épaules frêles peinaient à en soutenir tout le poids. Cette agitation me faisait  trembloter, je perdais tous mes moyens, non il fallait que je le fasse ! Mes mains étaient glissantes, le stress grand, mon coeur agité, mon échine dégoulinante...

Mon doigt se faufila dans la gachette. J'hésitais. Puis finalement je fit pression.C'était comme si je réunissais toutes mes forces pour appuyer. A ce moment là, je ne savais même plus si j'avais chargé ou pas. Mais j'eus ma réponse. Le coup partit. Gregan ne comprit pas. Ma mère non plus. Elle venait d'arriver, sur ses talons hauts, et moi, je l'ai maudite d'être arrivé si tôt.

Maman, comprend, il a juste payé ses conneries...

Juste ça.

Elle tomba mollement au sol, rempant vers l'amas de chair qu'était désormai son mari, pendu mollement à la chaise, la tête penchée et du sang lui sortant de la gorge. Elle hurlait. Hurlait d'un son strident qui me hante encore.

J'ai couru dans ma chambre et nettoyé l'arme, avant de me précipiter dans la chambre de ma soeur. Je l'ai tiré par le bras jusque dehors. Malheuresement, elle n'a pas échappé à la vision d'horreur de ma mère se vidant de larmes et tirant le corps de Grégan pour le prendre dans ses bras ; juste à côté d'elle gisait l'engin destructeur, tout propre, et près à recueillir ses empreintes sans défense.

Soit belle et tais-toi

...

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+005+  posté le dimanche 23 mars 2008 17:21

J'avais tout prévu, si ce n'est pas dire "cogité". La scène avait bien était mise en place. J'avais même pris du liquide et la carte bleue de la maison. Le seul imprévu fut ma mère. Elle ne devait pas être là aussi rapidement.

 Ma soeur n'est pas une enfant bizarre qui ne réagit pas à la mort de son père. Je lui en avait parlé, voilà tout. Il n'aurait pas fallut qu'elle soit trop surprise, la fuite aurait été trop complexe. Lorsque je lui ai annoncé, elle m'a questionné d'un bref "pourquoi ?" auquel je n'ai pas répondu.

Et nous voilà, à courir, tous les deux. Je ne sais pas combien de temps, des heures certainement, et j'admire Tyana pour avoir tenu. Mais j'ai aussi senti qu'elle me regardait. Sans aucune peur, sans affolement, mais juste... un simple regard. Je dirais même qu'elle m'admirait, en dehors du fait que je venais de tuer quelqu'un et que je fuyais ce crime.

Trop tard pour bien faire.

Dès que je fus dehors, j'ai tout de suite constaté que je n'étais pas très solide sur mes jambes, je tremblais. Mais bien entendu, il était hors de question que je m'arrête, ne serait-ce que pour respirer.

Les voisins avaient entendus...

-Tyana, tu suis ?,avais-je soufflé.

Elle n'avait pas répondu.

Les flics seraient là...

Petit à petit, nous nous sommes éloignés de la maison. Cette maison dont nous n'avons plus jamais revu les couleurs.

Ma mère laissa ses empreintes sur l'arme, comme prévu.

Ma mère était conne, belle et s'était tû, comme prévu.

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+006+  posté le dimanche 23 mars 2008 20:41

Pourquoi  j'avais fuis ? Avant cet épisode, je ne connaissais même pas le sens du mot  lâche... mais il faut croire que cette fois-ci, la peur m'avait donné des ailes. Peut-être aussi que je ne suis pas resté, face à la police, mon crime sur les épaules et le cadavre à mes pieds ; peut-être que je ne suis pas rester pour pouvoir protéger Tyana. Plus de père, et une mère en plein dans la merde, il ne lui aurait resté personne si j'étais rester dans cette maison du diable.

-Elle est bien bonne, celle-là ! Combien de temps encore je vais me voiler la face ? Qu'est-ce que je vais encore bien pouvoir inventer pour me justifier ? Je ne l'ai pas protégée : je l'ai embarquée ! La différence est imposante ! Je ne lui ai pas laissé le choix, aucune ouverture pour s'échapper !, m'exclamai-je à voix haute, sûrement à ma propre intention plutôt qu'au barman (ce dernier se sentait énormément impliqué, étant donné que l'alcool responsable de mon état provenait de ses bouteilles)

-Je vous sers autre chose ?

-Un aut' cocktail s'il vous plait..., bredouillai-je.

-Allons-y pour un cocktail !

Un cocktail...

Un cocktail de conneries, oui !

Un coup de feu et j'ai mis la vie de ma soeur en danger. En tuant ses parents, en l'emmenant avec moi, je l'avais peut-être protégée, mais en même temps, je la détruisais à petit feu. Mais qu'est-ce que je peux dire comme connerie, moi, quand j'ai trop bu !

Une jeune femme se glissa discrètement près du bar. Même si elle ne m'approchait pas, j'ai su par ses regards timides et irritants qu'elle prenait son courage à deux mains pour m'aborder.

-Pardon mais, tu danses ?

-Pardon mais non.

Je bus une gorgée de mon verre, presqu'en l'ignorant. Il faut qu'elle parte. Il le faut impérativement. Je ne vais pas la supporter très longtemps.

-Pourquoi ? Je suis trop laide ? Trop grosse ?, ricana-t-elle comme si tous ces propos étaient strictement impossibles et ridicules.

-Non, rien de tout ça...

-Alors quoi ? Tu sais pas danser ?

Je ne vais pas la supporter très longtemps...

-Tu sais, c'est pas compliqué le slow. Allez, viens !

Elle me prit le bras et, surpris par sa force (et ivre mort), je me laissai entraîner sur la piste illuminée de spots criards.

-Voilà, prend moi la main, comme ça. Tu vois que t'y arrives.

-Prenez moi pour un kéké...

-On se tutoie, hein ? J't'aime bien. T'es mignon.

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+007+  posté le dimanche 23 mars 2008 21:23

Mais au bout de quelques minutes, ma misanthropie refit surface. Lorsque ses mains vinrent se déposer sur mes fesses, j'ai senti mon estomac se soulever et une nausée violente me serrer la gorge.

Nan mais elle se prend pour qui ?!

-Lâche moi. Je n'suis pas d'ce genre-là, cocotte. Je ne *baise* pas n'importe qui. Et encore moins les blondes.

-C'est pas grave, dit-elle, vexée. Je t'offre un verre quand même, ou tu bois pas avec les blondes ?

-Je rentre.

-Et tu voudrais pas me filer ton numéro ?, demanda-t-elle en m'attrapant le bras. Pas forcément pour *baiser*, hein, mais comme ça quoi.

-C'est pas une bonne idée.

Non mais elle croyais quoi ? Que j'allais prendre le risque de sortir avec elle alors que je suis recherché ?! Déjà que je cours un grand risque en restant là, je ne vais pas me faire capter par une andouille !

-Ah... je... pas d'soucis. Salut, alors...

Voilà, ma vie se résume à ça, et  seulement à ça.

Je bois, pense au passé, et le lendemain je traine Tyana avec moi pour changer de ville. Je ne peux plus rester statique, à chaque fois que l'on se pose quelque part, je me remets à penser à ma mère, à avant... Quand j'étais plus jeune, jeune mais pas innocent, et que j'avais tiré sur mon "père" de sang froid.

Le week-end dernier à peine, moi et ma soeur nous trouvions à FermallCity à 40 killomètres d'ici, et pris par une bouffée de frayeur, je voulut m'en aller. Tyana ne me comprend pas pour ce genre de choses. Elle me dit que je m'inquiète pour rien. Elle a sans doute raison, mais je ne peux jamais m'en empêcher. Toujours ce désir de fuire qui me ronge de l'intérieur, me bouffe les intestins, me grignote le coeur et respire mon air à la place de mes poumons.

J'étouffe.

J'étouffe lorque je reste sur place. C'est toujours le même topo : je vais dans le bar le plus proche et je m'enfile le maximum d'alcool possible. Je rentre toujours  ivre, je dégobille, et dès que je m'assois, je dis à Tyana que je veux partir.

Le temps s'écoule et je n'ai jamais réussi à me poser quelque part. Tout me fait peur. Lorsque je suis dans le rue, j'ai l'impression que tout le monde me dévisage, m'observe, sait ce que j'ai fait.

Et cela depuis trois ans maintenant...

Ma soeur pense que ça va me passer, mais moi je n'en suis pas si sûr. Je suis  devenu lâche, et ma vie va sûrement finir comme ça. Fuir. Fuir, toute une vie. Des années et des années de cavale alors que personne ne pense que je suis coupable. Même Tyana me croit innocent, je ne sais pas pourquoi. Elle me répète que rien n'est de ma faute

...

Que Maman voulait tuer son mari, pour une histoire d'adultère. Je ne sais pas trop comment prendre la chose. D'un côté, c'est comme si je lui avais rendu service, d'un autre, je l'ai fait inconsciemment et l'ai buté de sang froid, pour mon plaisir personnel.

Là est toute l'ambiguïté

...

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+008+  posté le mardi 15 avril 2008 14:01

Dans un quartier défavorisé, que l'on pourrait qualifié de sale et infréquentable, une ombre se glissait avec souplesse dans les recoins les plus sombres des ruelles, longeant les murs, laissant son voile onduler derrière elle.

Perchée sur ses hauts talons, enveloppée dans sa grande robe blanche, la chose -approximativement ressemblant à une femme- se dirrigeait d'un pas allègre vers les grilles du cimetière.

Une fois près de la porte en fer sombre et rouillée, elle sortit une épingle de ses cheveux et commença son oppération en faisant bien attention à ne laisser aucune empreinte.

Elle crocheta donc la serrure, sans se presser et avec un calme presqu'inquiétant. Un court instant plustard, le portail céda sous sa manoeuvre expertes et pivota sur ses gons dans un cri d'animal qu'on égorge. Comme un chien, plus précisément comme celui qu'elle venait de laisser derrière elle.

Elle entra, toujours aussi joyeuse et perchée sur ses chaussures à talons aiguilles. Sa longue robe blanche roula autour des ses chevilles au rythme de ses pas légers. Elégante, dans cette sombre atmosphère nocturne, ses intensions n'étaient pourtant pas si bénéfiques que son apparence de mariée.

Cette ombre blanche se faufila entre les tombes et arriva à celle qu'elle désirait voir. Elle sortit de son décolté une seringue à la taille démesurée et fit ce qu'elle avait à faire. Après quoi, elle nettoya l'objet avec un pant de sa robe, avant de partir en chantonant, sans se douter qu'on l'avait vu à l'oeuvre.

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