Accueil Date de création : 23/03/08 Dernière mise à jour : 28/09/08 09:50 / 34 articles publiés
 
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+024+  posté le lundi 18 août 2008 11:09

Swan tressauta en sentant une main sur son épaule.

-Qu'est-ce que tu fous là, toi ? On bosse, bordel, pesta Adrien, toujours en rogne contre le nouveau.

-Toujours de mauvaise humeur, lui, remarqua Ulrike, sans lâcher pour autant sa petite beauté. Et toi, toujours en robe courte. Je ne sais pas si c'est réglementaire : les gens arrivent à travailler, quand tu es dans les parages, Swan ?

Elle eut un petit rire nerveux en signe d'ignorance, avant de se réintéresser au travail. Après tout, n'étaient-ils tous pas là pour ça ?

-Du neuf ?

-Beaucoup de neuf, figure-toi.

A cette annonce, Adrien su immédiatement qu'il ne servirait à rien temps que cet Ulrike serait présent sur les lieux. C'est pourquoi il préféra jeter les armes et s'en aller vaquer à ses occupations.

-Je t'écoute, moi je n'ai rien, à part qu'elle semblait être en couple et qu'elle avait un chat.

-Tout d'abord, je me suis renseigné sur la tombe. Son père confirme qu'elle a été mise de côté pour sa fille.

-C'est morbide de faire ça.

-Elle a été sculptée par le grand-père paternel de la défunte. Elle était en réalité conçue pour la grand-mère, tu me suis ?

-Oui, oui.

-Sauf que la grand-mère est morte en pleine mer, son bateau a coulé, poursuivit-il, toujours accoudé à elle. On n'a jamais retrouvé le corps. Et la jeune fille a insisté pour l'avoir. Elle était petite, à l'époque, mais avait les yeux en face des trous en ce qui concerne la mort. A même pas 5 ans, elle avait réservé sa pierre tombale. Etonnant, n'est-ce pas ?

-Assez, effectivement. Quoi d'autre ?

-Sa maman s'est suicidée. Personne ne sait pourquoi. Et le père se plonge dans le boulot pour oublier sa femme. Sandra était seule pour supporter cette mort. Sa nourrice ne savait pas lui remonter le moral, et elle est devenue... sombre ? De drôles d'idées lui traversaient l'esprit.

-Elle était folle ?, supposa Swan.

-Peut-être. Ou bien juste un peu trop attirée par la mort. Il fallait qu'elle s'appuie sur quelque chose, ajouta Ulrike. Elle a choisi ça comme elle aurait pu choisir de se lancer dans une collection de timbres.

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+025+  posté le lundi 18 août 2008 11:09

-T'es le meilleur, Ulrike, je crois que je suis jalouse de toi !, rit Swan.

-Merci, t'es pas mal non plus, répondit immédiatement Ulrike. Je retourne bosser, tu devrais lâcher ces photos, elle ne vont rien t'apporter.

Sur ce, il lui déposa un léger baiser sur la joue, instinctivement, presque sans réfléchir, comme ça, par envie, puis s'éloigna, laissant Swan dans un état léthargique.

Elle le regarda s'éloigner, se surprenant à descendre le regard. Les joues rosies, elle ne put s'empêcher de pousser un petit soupir de bien-être soudain.

-Swan ? Tu arrêtes de bosser ?, demanda Adrien avec calme et sérénité.

-Non, non, fit-elle en revenant brusquement sur terre.

Elle se pencha sur les photographie, oubliant la remarque d'Ulrike. Et c'est au bout d'une dizaine de minutes que...

-Je crois que je viens de trouver quelque chose...

-Quoi donc ?

-Regarde cette tache blanchâtre, là.

-Oui, eh bien, encouragea Adrien, encore sur les nerfs.

-C'est un crâne. Et ça aussi, je suppose. Purée, Sandra avait une collec' de crâne sur son étagère ! Le père t'en a parlé ?

-Ah non, pas un mot à ce sujet !

-Il faut se renseigner sur la provenance de ces trucs. Animal, humain ? Demande à Boris l'autorisation d'envoyer des gens chez elle, on a assez d'éléments, ça devrait être possible. Hors de question que son père continue à faire l'intermédiaire entre ici et chez eux. On doit voir par nous même, maintenant. Comment j'ai pas pu remarquer ça avant ?! Qu'elle conne !

-T'étais pas concentrée. A croir que cet Ulrike fait vraiment des miracles.

Il s'éloigna en serrant les points.

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+028+  posté le lundi 18 août 2008 21:44

Elle ferma à double tour et alla se nettoyer le visage. Après quoi elle se laissa tomber au sol, impuissante, vidant son corps de toutes ses réserves d'eau et hurlant au désespoir.

-J'n'ai pas frappé fort, bordel !, criai-je depuis ma propre position, derrière la porte close.

Ma haine ne désemplissait pas. En tous cas, pas maintenant. Il me fallait un léger moment de répis pour retrouver mes esprit et voir plus clair, je pense. Mais en attendant, les mots pouruivaient leur route hors de moi, propulsés par la colère et la peur. Oui j'avais peur : d'être père. Je crois que je me sentirais mieux lorsque j'aurais évacué cette idée alarmante. Sauf que dans l'instant présent, c'est la rage qui parle :

-OUVRE-MOI !! OUVRE-MOI !! OU JE DEFONCE TOUT !!

-NAN ! Casse-toi de devant cette foutue porte, tu me fais peur, à t'embouriner comme un malade !! Barre-toi, je n'veux plus te voir, ni t'entendre !! Je suis trop de responsabilité pour toi, jamais tu n'arriveras à m'élever  correctement, de toute manière !!

-AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !! TA GUEULE !! JE SUIS PAPA, T'AS PAS LE DROIT DE ME DIRE CA !!, hurlai-je en bombardant la porte de coups de poings.

Je sentais mes veines saillir au niveau de mes tempes et le sang me monter au cerveau en une charge d'adrénaline destructrice. La folie me gagnait peu à peu. Il fallait que je me ressaisisse rapidement, sans quoi elle ne ferait plus jamais confiance.

-Pardonne-moi Tyana. Je... Je viens de découvrir que je suis papa et... Je suis à bout, essaie de me comprendre.

-Y a rien à comprendre !! Bouge-de-là !!

-Je suis désolé. Désolé de t'avoir frappé, mais aussi de ne pas avoir été là hier. Pardon. Ouvre, maintenant.

-Quelques mots simples comme bonjour ne suffisent pas !! Va-t-en ou j'appelle les filcs, j'ai mon portable avec moi, mentit-elle.

Le visage ravagé par les larmes et le nez coulant à flot, Tyana ne pouvait envisager de sortir tout de suite. La seule solution restait le chantage. Les flics lui faisaient peur : il était là, son point faible.

-D'accord, d'accord, je sors faire un tour. Je reviens ce soir.

-C'est bien, ce soir. Vers minuit, histoire que je sois déjà couchée et que je ne te vois pas avant demain.

-Va pour minuit.

Pour la deuxième fois depuis le début de la journée, j'exécutais la demande d'une femme. Même si ma soeur n'était encore qu'une petite gamine écervellée qui n'en faisait qu'à sa tête, je suis sorti du pavillon et ai marché pendant deux heures avant de finir ma soirée dans un autre de ces foutus bars. Me bourrer la gueule, telle est la solution à tous mes problèmes.

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+026+  posté le lundi 18 août 2008 21:44

Lorsque je suis rentré, j'ai trouvé ma soeur assise par terre. Les bras autour des genoux, elle avait la posture de la Tristesse même, je dirais presque qu'elle était dans le cliché.

J'ai déposé les clés à un endroit que j'aurait oublié demain (et qui me fera drôlement chier) pour m'intéresser à cette pauvre loque qui traînait sur le planché. Cette dernière renifla et s'essuya le visage d'un revers de main.

-J'peux savoir ce que tu fous sur le sol ?

-D'habitude, tu rentres bourré, mais tu rentres, dit-elle.

-Tu me reproches quoi, exactement ?

-Tu m'as laissé seule toute la soirée. Et ce matin, t'étais pas là non plus, Yaniis. Je veux bien te croire quand tu dis qu'on est en danger dehors, mais là, tu ne respectes même pas tes propres mots. Comment tu veux que je t'obéisse, après ce coup-là ?

-Il n'y a pas de comment tu vas m'obéir, Tyana, tu dois le faire. C'est tout.

-Où t'étais ?

-Ca te regarde pas, j'te f'rais remarquer !

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+027+  posté le lundi 18 août 2008 21:44

Elle se redressa et me toisa du regard depuis ses 1m60. Son visage d'habitude si doux trahissait une profonde tristesse : elle paraissait sereine, mais la torsion qu'elle infligeait à ses lèvres faisait jaillir tous ses sentiments enfouis.

-Ca me regarde parce que je n'ai pas dormi de la nuit, me posant des tonnes et des tonnes de questions sur le lieu où tu pouvais te trouver. J'ai essayé de me rassurer, mais c'était comme si ma propre vie en dépendait, ce qui était peut-être le cas, dailleurs. Jamais tu ne m'avais fait ce coup, et je dois avouer que j'espère qu'il ne se reproduira pas.

-Ce n'est pas à toi d'en décider, alors boucle-la un peu !

-Tu me laisses tomber et tu m'engueules ? Tu trouves pas que c'est bizarrement assemblé ?

-Je trouve surtout que tu parles trop, p'tite conne ! J'ai passé une soirée bizarre hier, et t'as pas le droit d'empirer mon humeur !

-C'est sûr que c'est désagréable de sauter la première venue !

-CE N'EST PAS LA PREMIERE VENUE !!

Le coup partit. Oui, j'ai frappé ma soeur. Oui, elle a eu mal. Oui, elle a saigné. Oui, j'ai pété les plomb. J'avoue. Mais je ne regrette pas. Cette casse-couille a parlé d'Harrie comme s'il s'agissait d'une prostituée. Je ne vois pas pourquoi elle n'aurait pas eu de petite correction.

-Tu parles pas d'elle comme ça, tu m'entends ? Tu l'as respectes, elle, et le petit !! Allez, casse-toi, hors de ma vue !!

Le visage en sang, elle partit dans la salle de bain.

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